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Les modèles diesel font-il encore le poids face aux modèles essence ?

Publié le 28/03/2019

 

Avis d’experts: Les modèles diesel font-il encore le poids face aux modèles essence ?

Fin Janvier 2017 les ventes de véhicules diesels sont passées sous la barre symbolique des 50% de parts de marché, ce qui n’était plus arrivé depuis 2000. Selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) ce seuil n’aurait pas dû être atteint avant l’année 2020.
Mais alors pourquoi ce revirement soudain de situation et surtout : Les modèles diesel font-ils encore le poids face aux modèles essence ?

Scandale du « Dieselgate », qui a révélé les pratiques tantôt illégales (pour Volkswagen), tantôt litigieuses des constructeurs sur les émissions polluantes, offensive des municipalités (certificats de pollution…) et des pouvoirs publics (rééquilibrage de la taxation entre essence et diesel), baisse de l’offre des constructeurs (qui ne proposent plus de diesel sur les mini-citadines), moteurs essences plus sobres… Les moteurs roulant au gazole traînent plusieurs boulets au pied.
Débutée en 2012, la baisse des parts de marché du diesel s’amplifie chaque année sur le marché Français. (72% de parts de marché en 2012, 48% en Janvier 2017.)
La tendance pourrait encore s’accentuer. Avec la hausse des réglementations antipollution (durcissement des tests d’homologation), la technologie devient plus coûteuse et donc moins rentable pour les constructeurs qui pourraient se concentrer de plus en plus sur la technologie essence.

Dés lors, est-il encore valable d’acquérir un véhicule diesel ?

Oui, mais à certaines conditions seulement.
Le diesel représente un surcoût à l’achat à cause des lois antipollution très sévères obligeant les constructeurs à installer pléthore de technologies pour satisfaire aux exigences européennes.
L’arrivée de technologies adaptées aux exigences des normes Euro 6 (filtre antiNOx, SCR avec système AdBlue…) a renchéri le coût de production du diesel. Comptez, en moyenne, 2000 € de plus. De quoi s’offrir une essence suréquipée. Et qui, tendance oblige, se revendra assez facilement.
Pour rentabiliser ce surcoût, il sera nécessaire de rouler au minimum 25 000 kilomètres par an.

En plus de la rentabilité, il faut absolument tenir compte de l’usage au quotidien.
Cette utilisation est en effet vitale pour la fiabilité. Les diesels, qui mettent du temps à atteindre leur température optimale, n’apprécient pas les petits trajets (moins de 20 km), à plus forte raison en ville. A la clé, des encrassements précoces (dès 40.000 km) débouchant sur des pannes coûteuses. Comptez de 400 à 800€ pour une vanne EGR, de 1000 à 1500 € pour un filtre à particules, de 2000 à 4.000€ les injecteurs, de 1.500 à 2.500€ un turbo…
Bref, si vous faites au quotidien du « pare-choc contre pare-choc » et que votre diesel n’est jamais capable de se mettre en phase de régénération du FAP (au moins 30 min à vitesse stabilisée, en quatrième minimum et à plus de 80 km/h constant), vous allez au devant des ennuis.
Même au bout de plusieurs années, l’achat d’un diesel ne sera pas obligatoirement amorti à la pompe.
Notamment parce que les coûts d’entretien du diesel, déjà au départ plus élevés que ceux de l’essence, augmentent plus rapidement dans le temps, plus de pièces sensibles étant en jeu (injecteurs, FAP, EGR, pompe HP…). Le surcoût atteint, dans le pire des cas, +50%. Ajoutez à cela une des pannes citées plus haut et les économies du poste carburant sont parfois réduites à néant. On considère d’ailleurs qu’un diesel qui n’est pas amorti au bout de trois ans ne le sera probablement jamais. A méditer…

Les moteurs diesel s’adressent donc plus à des gros rouleurs qui utiliseront leur véhicule sur grande route plutôt qu’en ville.
De plus, la revente d’un diesel n’est plus aussi facile qu’il y a 5 à 10 ans, notamment sur les petites autos
Récupérer sa mise de départ est de moins en moins vrai. Le marché de la seconde main regorge toujours de diesel, mais depuis quelques années, la demande se tasse. Difficile désormais de le vendre, comme avant, au-dessus de sa cote. En revanche, l’offre récente en essence ne parvient pas toujours à combler la demande, d’où des tarifs soutenus en occasion. Et notez qu’à l’achat en neuf, les essence remportent de plus en plus de succès auprès des consommateurs.
Notamment pour les citadines, que les particuliers boudent en diesel. Mais il y a aussi une offre pour les petits rouleurs qui s’étoffent dans les catégories au-dessus. Pensez aux SUV, berlines et monospaces compacts essence estampillés EcoBoost (Ford), PureTech (Citroën et Peugeot), TCe (Renault) ou TSI (VW). Leurs moteurs sont coupleux comme des diesels, vifs et autrement plus silencieux. Ils méritent en tous cas un essai sur route !

Sources : Les Echos & Autoplus